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19 décembre 2023

2023 : le bilan

Non-non, je ne suis (toujours) pas tombée dans un trou. Le jour où je cesserai d'alimenter ce (vieux) blog n'est pas encore arrivé (au grand dam de certains probablement...) 

Voici donc les dernières nouvelles d'une année peu prolifique en matière d'articles et pourtant riche en petits évènements dignes d'être mentionnés...


Les Aravis, le 16 décembre 2023

 

Il faut dire que mon job au Danemark m'occupe les 2/3 du temps. Finie la belle vie au Brésil et la rédaction de mémoires aux heures qui me conviennent ; un mois sur deux, mon réveil sonne à 5 heures et je mange des sandwichs en écoutant parler néerlandais… mais comme gagner des p'tits sous tous les mois est très pratique pour s'offrir des vins chauds aux marchés de Noël, haut les cœurs !

Heureusement, notre tranchée germano-danoise est presque finie. J'ai hâte que le tunnelier prenne le relais pour continuer à plus...

 

1. Profiter des potes (et de la mifa bien sûr) !

La base, n'est-ce pas ? Heureusement, 2023 a été super pour ça ! 

De nouvelles rencontres (certaines attendues - comme des collègues au top ou les locataires nordestins de mon frangin - d'autres plus surprenantes - comme la découverte d'une énorme communauté brésilienne en perdition à Chambéry...) et de supers retrouvailles (à Lyon, Paris, Chambé ou ailleurs) ont ponctué une année pleine de rebondissements :


Anna et moi en pleine discussion dans le jardin de Maminette (juin 2023)

Retrouvailles improbables à Montreuil (juin 2023)

Excellent curry de poisson cambodgien à Eybens (un amok trei revisité tiré du livre de recettes La cuisine en partage)

BBQ sur le rootop familial (il faisait chaud mi-août 2023...)

Au sommet de la Dent de Crolle lors d'une sortie avec Dodo et Typhany, les stars de l'expédition fraîchement rentrée du Népal 5000 mètres au delà des maux (août 2023)


Notre visite VIP venue tout droit de Recife (elle a calé Chambé entre Paris et l'Espagne, deux mois avant de revenir en Europe pour les fêtes de fin d'année ; lorsque je m'attriste de mon bilan carbone, je pense à Dési, et je vais déjà mieux... ^^)

  
Au sommet du Granier (octobre 2023)


Une incroyable fête surprise pour mes 35 ans (mon jour à moi, que j'ai dû partager avec Mimi et sa fille - on ne peut jamais être tranquille en fait…)


Et je vous épargne les classiques restaus (on n'a jamais autant mangé chez nos voisins du Maharadja), sorties ciné (un bravo bonhomme pour La Tresse), Fête de la Musique & week-ends improvisés, marchés de Noël (celui de Chambé, avec son DJ, n'a rien à envier à celui de Copenhague - à part peut-être son saumon), bouchons de Champagne qui sautent pour n'importe quelle raison ("tiens, y a Dési dans mon salon", "j'ai envie de bulles", "c'est bientôt mon anni", "j'ai soif", "c'est mon anni", "et pourquoi pas", "c'était mon anni", "je repars travailler demain", "cette bouteille est apparue dans mon champ de vision", etc.) et les photos non publiées avec :

#milouriccardoluciematthieumaxencenoemieLyon 
#nataliaabouleopascaloucorentinParis #melissadenismarineemmanicocamilatiagoancaclaudiaChambery #lescopinesscouteschezannabelleChelieu #lucymateusadriencarolinahingridleoamandagabifernandaRecife

 

2. Faire de l'alpi !

Après le Cayambe en début d'année, place à la Dent Blanche : mon premier sommet technique & mon premier 4.000 dans les Alpes. Un grand moment avec vue imprenable sur le Cervin !



Il est là, à gauche !

On ne change pas une équipe qui gagne #lesvieuxcramponsdemaminette

Plus de photos sont disponibles >>> ICI <<<

Je recommande mon super guide Jody (bien qu'il soit belge...)

Rêver de la belle Ama Dablam me semble maintenant un chouïa moins saugrenu...


3. Kiter ("kaïté") !

En 2023, j'ai aussi pris le temps de consolider mes bases de kitesurf… dans le Ceará ! Le petit village de Barra Nova fut parfait pour déconnecter. J'y ai rencontré des kiters passionnés et passionnants qui évitent les foules… et une communauté argentine dynamique fan de plage et de soleil.

Et j'ai même vu une éclipse ! (octobre 2023)


4. Explorer (encore et toujours) !

Marseille, la Bavière... et la Scandinavie ! 2023 m'aura permis de redécouvrir Copenhague pendant trois jours grâce à Diana qui avait tout organisé. Un bon plan pour oublier mon tunnel et me concentrer sur ce qui compte vraiment : les restaus et les musées bien accompagnée !


Danish Architecture Center (novembre 2023)



Le fameux saumon du marché de Noël de Kongens Nytorv (novembre 2023)

Balade en bateau, ici face au Diamant Noir (la bibliothèque nationale - pardon, royale !)

Plus de photos >>> ICI <<<

 

Alors, 2023, un bon cru ?

Année riche, dense et compliquée, mais année surmontée !

Reprendre la batterie, faire moins d'insomnies, lire beaucoup plus, écrire pour de vrai, moins psychoter, mieux surfer, faire plus de ski de rando, avoir moins mal au dos, apprendre le parapente, exercer un métier éthique qui a du sens… sont autant d'idées à poursuivre et de projets à réaliser figurant sur mon interminable (et très dynamique) liste perso.

Je me sens aussi prête que Paris l'est pour les JO (interprétez cela comme vous voulez 😁) mais j'ai hâte de continuer en 2024 !!! 


Source

 

♥♥♥ Grosses bises ♥♥♥

 🎉 Et très bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous 🍾

 

À l'année prochaine !

01 avril 2023

Début d'année équatorien !

Trois mois sans nouvelles... 
Mais que sommes-nous donc encore en train de faire ?!?

 

 

Au programme des mois de décembre, janvier et février derniers : une bonne dose d'Équateur, avec du foot (indoor pour être plus précise...), Noël, du riz et du poulet (beaucoup), Nouvel An, une campagne électorale sous les couleurs du Pachakutik, une galette des rois à la frangipane faite maison, un mémoire de master, une visite de potes de fac qui ont fait leur stage à Cuzco, des petits trails autour de Yasanga et Sananagui, des démarches administratives (enfin) finalisées, des petites vacances dans le nord du pays, un (gros) volcan, une (grosse) grippe, un paquet d'anniversaires (et autant de pauvres poules passées à la casserole), des humitas, Carnaval... et même la messe du Mercredi des Cendres donnée par Álvaro à Loja !


>>> ALBUM ICI <<<


En bonus, les photos de nos dernières vacances dans l'hémisphère nord 

👇 ICI 👇


 

Mais tout a une fin. Après un an loin de la Savoie, nous voici de retour pour le mois de mars, heureuses de revoir nos proches (et Crapouille) et prêtes (résignées surtout) à travailler pour nos prochains projets. 

Nous avons tout de même pris le temps de faire un crochet par la belle Marseille (officiellement pour une visite médicale, officieusement pour un super week-end découverte de la ville #mercidavid) et les Baronnies Provençales (#covoiturageenfamille), mais aussi par la Bavière pour observer Zoupette dans son nouvel environnement. Diana s'est montrée sensible à l'organisation et l'accueil bavarois (#mercikatjachrisundfamily) ainsi qu'au patrimoine culturel, avec des mentions spéciales pour l'Opéra - en bois - de Bayreuth, les restes du mur de Mödlareuth, l'hôtel de ville des rebelles de Bamberg et le bac surprise du lac de Constance.


À très vite pour de nouvelles aventures !!!


Château de Nuremberg, mars 2023.

12 février 2016

Anne-Marthe Hydrographe VIII (la fin)

Et voilà, après trois rotations, mes aventures sénégalaises se sont (enfin) terminées la semaine dernière.

Voici donc les dernières photos commentées, toujours dans le même album...


En bonus, quelques photos de Saint-Louis-du-Sénégal et d'un road-trip sur la Transgambienne :D

03 mars 2014

Vacances, Standby et Bonne Année 2014

Alors alors... 6 mois d'absence, et pourtant, ma vie ne s'est pas arrêtée, loin de là... Comme résolution pour cette nouvelle année, je propose donc de renoncer au respect du titre de ce blog, et de le mettre à jour en contournant toute contrainte géographique (de toute manière, quel est le rapport entre 'Dragostea Din Tei' et la chanson en-soi, je vous le demande...)

Tout d'abord, après une rotation interminable de 10 semaines, je suis finalement rentrée à Pont-Métropole. Diana m'y rejoignit une semaine plus tard (ouvrir une agence d'obtention de visas est envisagée depuis peu par le club familial), et ni une ni deux, nous délaissons les premières neiges de la saison pour une petite semaine franco-hispanique avec au programme Barcelone, Madrid et Paris.

Ce fut une semaine fort enrichissante: Ju s'est rendu compte que Barcelone était au bord de la mer, Nolwenn s'est initiée à l'architecture de Gaudí, Diana et moi avons découvert qu'il existe une avenue Gambetta à Courbevoie ET à Puteaux (à titre d'information, elles se situent de part et d'autre de l'esplanade de la Défense), j'ai moi-même réalisé que le quartier de La Défense était finalement un poil rétro (rajouter 2000 à la fin d'un nom pour faire futuriste, ça marchait quand Papa et Maman avaient 20 ans... et comme la garde d'Izma le dit si bien: 'Nul n'est éternel !!'), Mazia comprit qu'elle logerait deux personnes au lieu d'une lorsqu'elle est rentra chez elle après sa journée de boulot...

Après les grands classiques,

Sera-t-elle un jour terminée ??

Spectacle de Flamenco (avec du vin blanc)

Paella (avec du vin blanc)

La Défense (sans vin blanc)

Diana et la Tour Eiffel þ



... voici les photos bonus :

Une photo que Maman aimera beaucoup: Nounouche rentre à la maison !!

Une photo improbable: un agent de sécurité jouant un morceau de classique magnifique dans le Hall 1 de la Gare de Lyon... le public est conquis, et ma mémoire marquée à vie !

Face à la quasi absence de riz dans le régime européen, Diana s'accroche aux repères qu'elle trouve...

Ensuite (NDLA: nous sommes en Décembre), c'est le retour à Gävle, pour 3 courtes semaines (mais supra-intensives!! > voir ici) ; pendant ce temps, Diana pratiquait (soi-disant) son français et aidait les Saint-Ambroisiens à parfaire leur castillan tout en constipant les Ruitton-Allinieu avec son kilo de riz journalier.

Puis vinrent les dures-dures vacances de Noël (avec prolongations post-Chandeleur) : il a fallu (liste non-exhaustive) manger des kilos de Mousse au Chocolat Blanc de Lindt et boire des litres de capuccino Nespresso - avec cassonade -, aller aux 2 Alpes dans un appart tout neuf aménagé à la perfection par Papa et Maman (seul défaut: l'évier de droite de la salle-de-bains, mais comme je me lave généralement les 2 mains dans le même lavabo, ça ne m'a pas trop perturbée), faire du snow avec ses frangin-frangines-chéris-adorés, discuter avec Messieurs Noun et Courtois des progrès scientifiques d'Iseult (qui, soit dit en passant, a eu 20 à son contrôle de stats, peut-être qu'elle mérite sa calculette toute neuve après tout...), regarder des comédies françaises en famille, découvrir les joies du ski de rando avec Dodo, s’initier à la cascade de glace avec Gépetto, vibrer pour les Jeux-O, faire les soldes sur le marché de l'immobilier, dompter Pascal et les banquiers, faire su ski avec Évi, découvrir Amplepluis, visiter le siège de l'ONU de Genève (puis enchaîner avec L'Interprète pour l'avenir de Zoupette) ou encore s'amuser à faire passer un échantillon de 120 mL d'urine en bagage à main à Saint-Ex (easy ;) ... et tout simplement revoir les gens que j'aime et profiter d'être ensemble.

Alors non, je n'ai jamais réussi à réunir les conditions - tout à fait incompatibles selon les lois de probabilités de l'Oisans - du speed-riding (de la neige, mais pas trop pour cause d'avalanche; du vent, mais pas trop pour cause de décollage sans garantie d'atterrissage; pas de pluie; pas de brouillard; pas trop de nuages; un très bon niveau de ski hors-piste; et se trouver à cet endroit-là en même temps qu'un moniteur disponible et avec le matériel adéquat) ni ne suis partie découvrir de nouvelles contrées exotiques, mais je n'ai aucun regret, voyez plutôt :

Dommage que les inscriptions pour Sochi étaient closes, car Diana est probablement une des meilleures descendeuses Équatoriennes du moment; d'autre part, on remarquera le talent pédagogique de Maman, qui peut enseigner n'importe quoi en n'importe quelle langue !!

Je veux des peeeeeeeeeerles, de la claaaaaasse, et du panaaaaaaaache s'il vous plaît !!

À défaut de neige pour faire du fond, nous avons trouvé un parallèle connu, malheureusement franchi à pied, pour ne pas rentrer bredouilles...

♥ Chartreuse ♥


Croix de la Scia, avec Barbiche et Dodo

Ayant malheureusement oublié mon appareil lors de cette belle journée, voici (je croise les doigts) une photo-prédiction des années à venir 


♪ Et maintenant, que vais-je faire...? ♫

Cela fait déjà quelques semaines qu'un indice du nouveau projet où je suis en ce moment est glissé dans ce blog...

J'embarque demain, et ne serai pas en mesure de profiter d'Internet durant au moins les 3 semaines à venir... mais je vous promets de nouvelles photos d'ici quelques semaines !!

À très vite !

24 décembre 2011

Retour (épique) en Iowa

C'est avec une pointe de mélancolie, après ce dernier mois riche en rencontres et découvertes, que je me suis résolue à envisager de commencer à penser à renter en Iowa. Chaque station de radio, chaque vitrine de magasin, la décoration de chaque maison, et presque tous les panneaux publicitaires me rappellent que Noël approche (et heureusement, car le temps californien ne le laisse pas franchement deviner, surtout pour quelqu'un qui a passé son dernier Noël près de la frontière Laponne...)

Après une super et dernière soirée en compagnie d'Eddie à Merced,  c'est le mercredi 21 à 11h30 que mon rapatriement vers l'Iowa a commencé. Il se concluera 2 jours et 8 heures plus tard. En voici les péripéties...
(NDLA: attention, pas d'image, il faut lire et imaginer)

... que j'introduis en annonçant (avec étonnement mais beaucoup de sérieux) que j'ai trouvé un concurrent sérieux à l'efficacité (jusqu'à présent inégalable) de la SNCF: Greyhound.

Mais avant, voici les règles à connaître:
- Greyhound fonctionne selon le principe suivant: 24h/24, 7j/7, des bus sillonnent le pays. Règle de transport: "premier arrivé = premier à bord"
- Greyhound ne fournit pas nécessairement d'itinéraire imprimé aux personnes bénéficiant d'un pass

Vous l'aurez compris, cela fonctionne parfaitement bien sur les itinéraires simples et tant que le nombre de voyageurs est inférieur au nombre de sièges disponibles. En cas de dépassement, le surplus de voyageurs devra se contenter du bus suivant, ce qui peut impliquer 24 heures d'attente.

Autrement dit, ni le siège, ni les correspondances ne sont assurés!

Le site Internet me prédisant 2 jours de voyage pour rallier Merced à Cedar Rapids, j'avais prévu un jour de marge pour arriver chez les Stock, au plus tard le soir du 24.

Ma mission: Merced - Los Angeles - Las Vegas - Denver - Des Moines - Cedar Rapids en 1 jour et 23 heures.

Ces petits détails précisés, voici le déroulement de mon match contre Greyhound: de l'endurance et de la tactique du début à la fin, émotions garanties!

Il est 10h30, je me rends au terminal de Merced. Coup d'envoi prévu à 11h30. A 12h, un bus arrive... plein. Dommage! Mais le chauffeur assure que face à l'affluence, Greyhound a affrété un second bus qui devrait arriver "dans le quart d'heure". UNE HEURE et quart plus tard, un bus, à moitié plein celui-là, arrive. J'embarque, et cap sur Los Angeles. Mais le mal est déjà fait: je n'avais qu'une heure pour changer à LA, et il n'y a qu'un bus par jour entre Las Vegas et Denver. Paf! 24 heures de retard. Un point pour Greyhound.

Après une demi heure de queue au comptoir de LA, j'obtiens (gribouillé sur des petits bouts de papier car les imprimantes, ils ne connaissent pas) un deuxième itinéraire: LA - Phoenix - Tulsa - Des Moines, soit disant aussi rapide que le premier (on notera cependant la disparition de Cedar Rapids...)

Je me dirige alors vers la salle d'embarquement, et manque de suffoquer: les Galeries Lafayette le premier jour des soldes sont désertes à côté de la gare Greyhound de LA la semaine de Noël! Prenant mon courage et ma patience de mes deux mains (très) moites, je me mêle à la foule. Comme par hasard, le premier départ pour Phoenix est plein, mais 3 heures plus tard, j'arrive à prendre un autre convoi.

A peine arrivée dans la capitale de l'Arizona, je me précipite dans la salle d'embarquement pour être la mieux placée possible dans la file d'attente du prochain bus pour Tulsa. En effet, même en tête, une place dans le bus n'est pas garantie car il faut avant tout venir à bout des chanceux (les gens déjà enregistrés à bord, qui ne sont sortis du bus que pour la pause) et des tricheurs (les gens qui paient pour un embarquement prioritaire). Naïvement, je commence à croire que la chance a tourné car après un certain temps quand même, je me retrouve assise dans bus qui roule et censé désservir Tulsa 24 heures plus tard.

Je parviens à me détendre quelque peu lorsque 6 heures après notre départ de Phoenix, je suis réveillée par une rumeur confirmée par le chauffeur 10 minutes plus tard: LA route (oui, il n'y en a qu'une, aucun contournement possible) est fermée à cause de la neige. Demi-tour, droite, retour à Phoenix... ou comment perdre encore 12 heures de son précieux temps.

Je fais mes calculs: arriver le 24 me semble rapé. Mon nouvel objéctif devient le matin du 25.

De retour à Phoenix, mes compagnons d'infortune et moi prenons le comptoir d'assaut. J'obtiens un vouvel itinéraire: Phoenix - Dallas - Des Moines, arrivée à Des Moines à 23h le 24... Pas mal! J'attends les 20 minutes d'arrêt prévues avant de réintégrer nos appartements roulants avec un peu d'espoir.

Mais les fameuses 20 minutes augmentées de 2 heures plus tard, nouvelle annonce: TOUTES les routes du Nouveau-Mexique sont désormais fermées. Rien ne partira avant le petit matin, soit 6 autres heures plus tard.

Laissant ma timidité de côté un instant, je m'enhardis et re-re-réclame une re-re-révaluation de mon itinéraire. Verdict: impossible d'arriver à destination avant le 25 en fin de journée. Phoenix étant la dernière grande ville avant ma destination finale, il était temps pour moi de prendre les choses en main.

La perspective de passer Noël dans un terminal glauque au milieu de nul part et en compagnie de gens sûrement très sympathiques mais tout aussi frustrés et désespérés que moi (et qui franchement, commencent à cogner car dans les bus, il y a peut-être des WC et parfois le WiFi, mais pas encore de douche...) ne m'attirant pas franchement, je décide ce que toute personne sensée aurait sûrement fait depuis longtemps: je me résigne, déclare forfait à Greyhound, emprunte le PC d'un de mes infortunés compagnons, et me réserve un billet d'avion.

Calvin, mon voisin de bus, au début très résigné, voire même assez fataliste, admet que l'idée est bonne (originaire de Detroit, lui non plus n'était pas près d'arriver!) et décide de provoquer sa chance en faisant de même.

Dernière étape avant l'aéroport: récupérer nos bagages restés dans le bus de l'autre côté des portes d'embarquement, elles-mêmes gardées par des cerbères en uniforme.

Petite frayeur lorsque l'un des bagagistes déclare mon bagage introuvable et m'envoie voir son chef. Ce dernier m'explique que mon sac est sûrement déjà parti pour Des Moines. Euh, pause! Alors si je suis bien, les bagages voyagent, mais pas les propriétaires? Les routes ferment pour les voyageurs, mais pas pour les valises? Il commence alors à me prendre de haut, prétextant que quelques heures auparavant, les routes n'étaient pas encore fermées. Sauf que moi, je me rappelais très bien avoir vu mon sac lorsque nous avions embarqué, et étais donc certaine que pour une fois, mon sac et moi étions dans le même bateau, euh bus.

Je tente alors de ré-inspecter la soute par moi-même mais un type de la sécurité, qui a du me prendre pour la fille de Ben Laden, m'ordonne de "dégager la zone". Impossible de lui expliquer la situation, il ne m'écoute pas. Je décide donc de l'ignorer et pars trouver un autre Mr Bagage à l'air un peu plus amical. Celui-ci, un peu plus malin aussi, a eu la lumineuse idée d'utiliser une lampe et de pousser les sacs de devant pour voir les sacs de derrière... et ô miracle, le mien était bien là!

Bref. Vendredi 23, vers les 6 heures du matin, Calvin et moi partagions un taxi pour nous rendre à l'aéroport, et 14 heures plus tard (mon vol était en milieu d'après-midi), j'atterrissais à Cedar Rapids sans encombre (et sans neige, snif!), le coeur léger, mais presque à regret: à vrai dire, j'aurais volontier relevé le défi si l'enjeu n'avait pas été l'endroit où j'allai passer Noël!!

***

Même s'il peut paraître exaspérant de voyager ainsi, l'expérience m'a semblé enrichissante. Maintenant, je sais que:

- les américains qui ne peuvent pas se permettre l'avion voyagent avec Greyhound. C'est BEAUCOUP de monde.

- un pass Greyhound, ça marche mieux dans le Montana-où-personne-ne-va qu'en Californie-où-tout-le-monde-veut-vivre.

- Greyhound fait évoluer nos perspectives:
H1: J'espère arriver le 23 dans la journée.
H6: Hmmm, le 23 au soir, ça serait pas mal...
H7: Pourvu que j'arrive à prendre ma prochaine correspondance!
H10: Dans 1 heure, je serai assise dans un bus qui roule.
H15: Dans 2 heures, je serai assise dans un bus.
H18: 1, 2.... 12, 13 sacs avant moi, si on compte 5 prioritaires, ça devrait être bon j'arriverai à monter dans le bus...

- LA c'est immense et très moche.

***

>> JOYEUX NOËL A TOUS <<