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12 octobre 2018

El Volcán Chimborazo

Après en avoir fait la descente en VTT en 2013, je me suis enfin lancée, et, aidée par des conditions météos particulièrement clémentes, j'ai enfin mis les pieds sur le toit de l’Équateur (considéré comme le toit du monde depuis le centre de la Terre) !!

Un gros défi, éreintant, qui m'effrayait un peu, mais en valait la chandelle. 

Cependant, je crois que je préférerais refaire un marathon plutôt que ce sommet...


Cumbre Veintimilla (6.227 m.)

Et le sommet principal (6.263 m.) une demi-heure plus tard !


Mon dernier diplôôôme !! Trop fière moi !!


Plaque à l'entrée du refuge Whymper

 
Vous remarquerez que l'altitude de cette montagne change à chaque instant. On a longtemps cru que son sommet culminait à 6.310 mètres, mais la dernière mesure, franco-équatorienne et très récente (2016), a été indiscutable: 6.263 mètres. 
 
Pour les curieux, quelques explications sur la mesure des montagnes ici :





 ***

En bonus, deux photos de notre dernier séjour à Baños, point de rendez-vous avec mon guide.

La prochaine destination ?

Diana a vaincu sa peur du vide pour se mesurer à la fameuse balançoire de la Casa Del Arbol

@Diana
Qui aurait cru que tu aurais un jour tiqué un truc de cette page ?!? ^^

09 octobre 2018

Des Andes aux Galápagos

Le deuxième chapitre de nos aventures estivales, qui pourrait également s'intituler:

Maman, K6 et les Big 5 Équatoriens


Reprenons la carte, et concentrons-nous cette fois-ci sur les pastilles vertes: Maman est arrivée et nous avons un mois pour lui faire aimer l'Équateur...





Ça n'était d'autant pas évident que l'incompétence incroyable des services aéroportuaires de Guayaquil et le mépris total de la Copa Airlines face à la perte des valises de la Couronne ont jeté un froid.

Heureusement que l'accueil extrêmement chaleureux de la famille de Diana et les fêtes du village ont égayé l'ambiance et fait oublier à Maman ses prestations vestimentaires au short unique combiné à deux t-shirts survivants (lavés à la main une nuit sur deux). Randos, bal, barbecue ou messe, ils ont tous les trois tenu la distance avec force et honneur !

Puis c'est le patrimoine culturel de l'Équateur que j'ai voulu faire découvrir à nos deux baroudeuses en herbe : ruines incas, chapeaux panama, architecture coloniale, marchés traditionnels, artisanat indigène... et un peu de montagne pour découvrir l'altitude andine.

La cerise sur le gâteau fut un séjour de deux semaines aux Galápagos, qui, contrairement à la rumeur (probablement lancée par le gouvernement équatorien et entretenue par les agences de voyage), sont une destination à la portée de tout voyageur indépendant au budget moyen (une semaine de ski vous coûtera plus cher, un mois en wwoofing à sucer des radis évidemment beaucoup moins).

Bien entendu, une croisière de luxe avec 4 jours sur place à 4.000 euros par personne est aussi possible, mais je ne voulais pas faire d'infidélités à mon beau Seahorse (car c'est bien la seule chose qui m'ait retenue!)


Quelques photos pour visualiser tout ça ? 


Pour les fans de Darwin, je vais mentionner rapidement quelques informations pratiques sur les Galápagos, qui ont été pour moi la grande (et belle) surprise de ce voyage :

  • Il y a des petits restaus, hôtels, AirBnB... comme ailleurs ! Nous avons dépensé en moyenne moins de 20$ par nuit et par personne pour le logement et nous nous sommes (très bien) nourries de poisson, poulpe, crevettes et langouste (du jour évidemment) pour également moins de 20$ par jour et par personne.

  • Même en août (haute saison dans le sens fréquentation - les européens et les nord-américains sont en vacances - mais pas la meilleure saison niveau climat car le garúa, c'est froid!) on peut gérer son emploi du temps du jour au (sur)lendemain. En d'autres termes, pas de sorties ultra-convoitées à réserver plusieurs semaines à l'avance comme le Chemin de l'Inca au Pérou.

  • La vie y est environ deux fois plus chère que sur le continent, ce qui reste tout de même très correct par rapport aux prix européens (un homard cuisiné sous nos yeux pour 20 euros par exemple). Et les prix se négocient !

  • Par contre, il faudra bien sûr avoir digéré le coût de l'entrée (125$ en tout, juste pour avoir le droit de poser les pieds à Puerto Ayora) et des billets d'avion.
    On peut voyager avec rien, mais pas de partout.

  • Faire une activité touristique encadrée est ce qui revient finalement le plus cher (de 40$ une sortie demi-journée à plus de 200$ la découverte d'une île éloignée).
    Mais la location d'un vélo peut se négocier à 10$ et permet de découvrir la campagne et le littoral des grandes îles (Isabela, Santa Cruz et San Cristobal) à son rythme avec tout autant (je dirais même beaucoup plus) de plaisir.

  • Le top : Isabela. Sauvage, tranquille, il n'y a qu'une ou deux rues pavées (les autres sont en sable), une dizaine de restaus, un spot de surf, un sentier côtier magnifique...
    Si vous n'avez pas encore su ressentir l'absence de stress d'un latino, celle d'un latino insulaire, d'Isabela de surcroît, vous touchera en plein cœur (sinon, je crois qu'il n'y a plus rien à faire pour vous).

  • Le moyen top : les guides officiels sont loin d'être des dieux de la pédagogie à la patience légendaire qui promeuvent leurs îles avec passion et talent. Ils font leur boulot, mais pas de zèle. Les explications restent superficielles et le service semble très intéressé malheureusement. C'est dommage car un sourire et un discours enjoués pourraient tout changer sans rien leur coûter !

  • Le moins top : San Cristobal. K6 a trouvé les habitants de cette île un peu snobs, à se prendre pour les plus avancés de l'archipel. Et j'y ai trouvé les prix plus élevés pour une qualité de service moins bonne, ce qui déçoit.
    Mais le Tour 360 est absolument à faire !!!
    [la plongée de ma vie fut au rocher León Dormido, ce qui m'a valu une barre mémorable lorsque Maman et K6 ont réalisé que Léon n'était pas un illustre poète, fils de Monsieur et Madame Dormido, mais que ce nom voulait dire lion endormi en espagnol, et décrivait la forme originale de cette île surprenante au large de San Cristobal]

  • Le +++ : Les animaux n'ont pas (du tout) peur de l'homme !! C'est à eux qu'il faudrait enseigner la règle des 2 mètres de distance, pas à nous !
    De plus, les touristes sont en général bien élevés et respectueux de l'environnement, ça fait un bien fou de voir ça et ravive l'optimisme pour l'avenir de la planète.





NB1: Finalement, qui sont les Big 5 ? Et bien le lama, l'otarie, l'iguane, la tortue et le requin-marteau bien sûr !

NB2: Lors de votre prochaine pause café avec Maman et/ou Salvatrice, demandez des détails sur notre négociation de haute volée menée au bureau de la Copa à Quito, cette anecdote mérite son pesant de cacahuètes !

14 décembre 2014

Bivouacs à Cajas

Avec un peu de retard, voici mes dernières photos d'Équateur, où je suis restée une semaine avant de partir en vacances au Pérou avec Diana.

J'ai passé les quelques jours pendant lesquels Diana travaillait encore pour me reposer et nous concocter une nouvelle aventure que je mijotais depuis déjà un long moment...

Diana (enfin) convaincue, cartes imprimées, GPS en cas d'imprévu installé sur le portable de Diana, batterie chargée à bloc, duvets chauds et petit réchaud à gaz testés et fourrés au fond du sac, courses faites, sans oublier ma bouteille de vin australien... nous voila fin prêtes pour la traversée de mon terrain de jeu favori (le parc national de Cajas pour ceux qui prennent ce blog en cours de route). 

Les presque 20 km peuvent se faire en une journée pour un bon marcheur, mais avoir la liberté de camper où nous souhaitons, et marcher 2 jours complets sans rencontrer personne, rend la traversée encore plus chouette (et Diana n'aurait jamais signé pour 12 heures de marche non-stop...)

Nous sommes parties de Cuenca en fin d'aprem, et avons marché juste une petite demi-heure après que le bus nous ait déposées au bord de la route, pour installer la tente à côté de la Laguna Negra, à 4.000 mètres d'altitude, et y passer notre première nuit. L'idée était en effet de nous réveiller au beau milieu du parc, et nous épargner les tracas du bus de bon matin... et c'est royal !!

Même si le soleil n'était pas au rendez-vous, nous n'avons pas eu de pluie, et pu apprécier toute la beauté dramatique du parc, avec ses innombrables lacs d'altitude, ses vallées encaissées, les forêts de polylepis qui laissaient place à une sorte de jungle de montagne très dense au fur et à mesure que l'on perdait de l'altitude. Et cerise sur le gâteau, le chemin est très bien balisé !


Le célèbre Chemin de l'Inca menant au Machu Picchu n'ayant pas voulu de nous, nous l'avons snobé et marché sur un autre chemin inca: celui qui connectait l'ancienne Tomebamba (actuelle Cuenca) à la côte (vers Guayaquil)

Comment faire marcher Diana ? Lui promettre qu'il y aura toujours du riz à l'arrivée !! ;)




08 novembre 2014

Mon 1er tour du monde

Alors non, pas (encore) à vélo et bateau-stop comme je l'avais prévu, mais en gros avions pollueurs à grands coups d'émission de CO2... moins classe, et encore moins efficace que Phileas puisque j'ai mis 81 jours pour compléter la boucle Guayaquil > Amsterdam > Lyon > Londres > Kuala Lumpur > Darwin > Sydney > Auckland > Santiago > Quito > Guayaquil
(il faut admettre que les arrêts français et australien ont gelé les chronos ;)

Partie la fleur-au-fusil, tout s'est bien enchaîné en territoires aborigène et maori. J'ai commencé à déchanter quelques heures avant d'atterrir à Santiago. Profiter de mes 7 heures d'escale pour sortir de l'aéroport et voir un petit bout du centre-ville m'a quelque peu ravivé, mais le vol suivant (9 heures dans un A319... autrement dit le genre d'avion que l'on prend en général pour les vols européens ou Europe-Afrique-du-Nord voire Proche-Orient) m'a fait l'effet d'un sermon du Père Bolz: plus le temps passait, et moins on se rapprochait du but. Autant j'ai trouvé LAN impec pour la traversée du Pacifique, autant ils ont été vraiment borderline pour la remontée andine... on ne peut pas avoir Qantas ou la Buisness de KLM à tous les coups ;)

Plaza de la Ciudadanía, Santiago de Chile

Arrivée à Guayaquil vers minuit (malgré la libération tant espérée compromise et finalement retardée d'une demi-heure par une passerelle vicieuse qui n'obéissait pas au personnel au sol), il était trop tard pour prendre un bus. Le mieux était donc d'attendre le prochain vol pour Cuenca. Je me suis donc trouvé des sièges collés sans accoudoirs (le must de tout voyageur en transit n'ayant pas accès aux salons des classes affaires ;) et ai pu somnoler 2 heures en position allongée, dos droit, enroulée dans mes couvertures volées, devant la porte des vols domestiques... un vrai petit moment de bonheur :D ...qui s'est finalement vite terminé lorsque vers 3 heures, une famille d'au moins 15 personnes a élu domicile juste à côté de mon luxueux lit improvisé: un gamin s'assoit à 3 cm de mes pieds, je replis les jambes, son frangin se jette dans l'espace libéré, les cousins font du rodéo sur un chariot qui frôle ma tête toute les minutes... bref, j'ai du me redresser, reprendre un Ibuprofène, et prier pour que le comptoir ouvre bientôt histoire de pouvoir  enregistrer mon bagage en soute et attendre de l'autre côté, plus au calme (et avec le wifi) dans la salle d'embarquement.

Ma patience fut récompensée par un court vol matinal magnifique qui vaut peut-être les 7 heures d'attente à Guayaquil car se sentir très haut au dessus des nuages dans notre petit ATR 42 (un avion à hélice pouvant transporter une cinquantaine de passagers), puis voir ses derniers bloqués sur les contreforts andins et se retrouver à peine plus haut que les sommets de Cajas est une sensation vraiment puissante. De même que voir défiler les dizaines de lacs glaciaires qui parsèment le massif, le tout éclairé par la lumière rasante du soleil levant. Mais les vallées se sont peu à peu creusées et élargies, dévoilant les courageuses premières maisons et traces d'agriculture, et c'est soudain la ville entière de Cuenca qui apparaît sous nos yeux. Je repère la cathédrale et la piste de l'aéroport, et 10 minutes plus tard, couronnement du voyage: je retrouvai ma valise (même si le Mr-Check-In de Darwin avait lui-même émis ses doutes!) et arrivai à point pour les fêtes de Cuenca.






Bilan des courses: 47 heures porte-à-porte. Le Manille-Cuenca a donc été battu à plate couture !! Encore heureux que le projet Boka n'était pas en plein outback australien et que Diana ne vit pas dans la jungle amazonienne... ;)

27 mai 2014

Équateur IV

Quelques photos de ce mois de Mai, passé à Cuenca auprès de Diana !

Attention les yeux: ceci est le plus long post jamais écrit sur ce blog, alors n'hésitez pas à d'abord vous servir un café et/ou sauver le lien afin de lire en plusieurs fois, je ne le prendrai pas mal ;)

Tout a commencé par...

Mon premier vol aux antipodes



... et oui ! Pour les Français, ce seraient plutôt les Kiwis, mais pour les Philippins, ce sont les Boliviens qui marchent sur la tête :




Concrètement, il me suffisait simplement de traverser le Pacifique
(je suggère la petite pause à Hawaii ? ;) 

Source: http://www.distancefromto.net/

... mais c'était sans compter sur la logique implacable de KLM:




Heureusement (par pitié?), j'ai eu l'agréable surprise d'être surclassée pour le vol Amsterdam - Guayaquil !! :D 

J'imagine qu'ils ont pensé que j'allais enfin pouvoir me reposer... mais à vouloir profiter de tout (les apéros champagne, les repas gastronomiques, les films et la musique avec un casque super confortable, le fauteuil dans toutes les positions, les chaussettes, la couverture, la trousse de toilette...) sous le regard désabusé de ma voisine (imaginez la scène de 20 ans d'écart), je n'ai même pas pris le temps de dormir :D





... et à faire partie des privilégiés qui sortent en premiers, nous avons même failli nous louper avec Diana ! Elle voulait en effet me surprendre à l'aéroport, mais alors que je l'appelai sur son portable, juste avant de monter dans le bus, son 'Achète-moi un billet et attends-moi au guichet, j'arrive!' - tout en ordonnant à un taxi de la déposer à la gare routière - m'a fait réalisé qu'elle aussi était à Guayaquil :)


Cuenca


Quelques heures plus tard, j'arrivai enfin à Cuenca, épuisée, affamée, et vraiment heureuse à la perspective de pouvoir me reposer ici quelques semaines en partageant le quotidien de Diana tout en mûrissant mes futurs projets de voyage...

Mes premiers jours furent dédiés à l'électroménager: certes, laver à la main fonctionne bien, et n'acheter que la nourriture de la journée est très facile. Mais j'ai décidé de faire honneur aux inventeurs de la machine-à-laver et du frigo, qui sont des prouesses technologiques réellement fantastiques !! Moins de 4 semaines de sédentarisme, et déjà les goûts de luxe surgissent... Pour les curieux, quelques photos de l'appart' sont disponibles ici.

Une fois tout branché et la pile de vêtements sales engloutie par la machine, Maikol (le neveu et coloc de Diana) et moi ne nous sommes pas sentis désœuvrés pour autant: réveils tardifs (Maikol travaille généralement de 18h à 2h et se réveille donc vers 10h; moi je ne travaille pas, mais je me lève naturellement aussi vers 10h; nous nous sommes donc très bien entendus), petit-déjeuners complets, musées, expéditions de recherche à travers le centre-ville (un savon pour le visage, un ballon de basket, une esthéticienne, une bonne bouteille de vin... ne sont pas si simples à dénicher), cinés, sorties (un certain samedi soir, je lui ai enseigné le système du Happy Hour - 2 mojitos pour le prix d'1 - Excellent élève, il ne commande plus que ça depuis... c'est ce même soir que j'ai eu la meilleure note de ma vie en karaoké et dansé le bachata sans écraser les pieds de personne... aucun rapport, mais belle preuve que le mojito aide à mieux connecter les neurones, non ?!? ;)




Pour les mauvaises langues, nous sommes aussi allés courir (la première sortie s'est pour ma part soldée par un épuisement complet, mes 10 km par jour dans la salle de sport du bateau n'ayant pas fait long feu face aux 2.500 mètres d'altitude de la ville... ;)

Notre duo (pendant que Diana travaillait) fonctionnait de la façon suivante: je me concentrais sur l'aspect culturel de notre journée pour faire découvrir à Maikol sa nouvelle ville et son pays via les musées, les balades ou une petite bière (roooh... tout de suite à m'étiqueter AA... je vous rappelle que je ressors de 2 mois de sevrage; en plus, la bière sert la discussion comme le barbecue sert la Coupe du Monde: c'est le ciment qui maintient l’événement... en d'autres termes, c'était juste pour discuter tranquillement, lorsque par exemple Maikol me demande de lui décrire la côte et s'étonne qu'il n'y ait pas de montagnes là-bas. C'est l'idée, on descend les Andes pour rejoindre la plaine, et là-bas, 2 km dessous, il fait très chaud! Combien ? 30 degrés peut-être. Ça fait combien? Ça fait que Diana devient noire et moi rouge. Et faire du surf c'est dur? etc.), occupations tout à fait inhabituelles lorsque la principale priorité est de payer le loyer à la fin du mois - pendant que Maikol à son tour me faisait découvrir la ville vue par les cuencanos... 

Vivre à Cuenca vs. Visiter Cuenca résumé:


Cuenca Culture


Commençons par une petite mise en contexte, Santa Ana de los Cuatro Ríos de Cuenca n'étant pas la ville la plus connue internationalement, bien que 3ème ville du pays (après Guayaquil, puis la capitale Quito) avec un demi million d'habitants. 

La ville est construite dans les Andes, sur la Pan-Am, à 300 km de Quito (ou 10h de bus... heureusement, un petit aéroport juste en face de la gare routière dessert Guayaquil et Quito plusieurs fois par jour pour parfois moins de 40 euros), et son centre historique est classé à l'UNESCO.

Sur les toits de la Nouvelle Cathédrale

Ancienne ville cañarie, elle fut conquise et renommée Tomebamba par les Incas moins de 50 ans avant que les espagnols n'y arrivent. Mais comme l'empereur Huayna Cápac y naquit, les Incas eurent le temps d'en faire une importante capitale régionale, qui fut aussi belle que Cuzco selon certaines sources. Malheureusement, la ville ne résista pas aux querelles internes incas (quand les frangins Atahualpa et Huáscar - les fils de Huayna Cápac - se sont entretués pour le trône) et/ou à ses habitants (qui ne voulaient pas la voir passer à l'ennemi), et ce ne sont que des ruines - au lieu de l'El Dorado tant espéré - que découvrirent les espagnols à leur arrivée, au milieu du 16e siècle.

Les ruines de l'ancienne Tomebamba (Musée Pumapungo)

De nos jours, c'est un point stratégique où métisses (la majorité de la population équatorienne, de sang espagnol, inca et indigène - comme Diana typiquement, bien qu'elle donne l'impression que le seul européen qui ait contribué à diversifié son sang mourut probablement en 1618... ne lui dites pas que j'ai dit ça!), indigènes (les descendants des cañaris - et sûrement un peu des incas aussi - typiques comme on se les imagine avec les chapeaux melons, ponchos colorés, bébés dans le dos, conversant en quechua, etc. qui viennent vendre leurs produits frais aux marchés) et expats (pour la majorité des Américains) cohabitent. Plus de la moitié de la population a moins de 25 ans.

Du fait de l'altitude, le temps à Cuenca n'est pas du tout celui qu'on attendrait d'une ville située à cette latitude (3°S). Lorsqu'il fait soleil, il y fait chaud comme en été, mais après 18 heures, on supporte très bien le sweat, voire la polaire. Les mois de Mars-Avril-Mai sont pluvieux (ce qui se traduit par une alternance permanente de phases soleil + chaleur > T-Shirt + lunettes de soleil obligatoires et pluie + froid > pull et pas-de-lunettes-sinon-on-n-y-voit-plus-rien-tellement-il-y-a-des-gros-nuages-noirs, avec changement de phase toutes les 10 minutes SANS EXAGÉRER). Juin, Juillet et Août sont les mois secs et chauds (idéaux pour aller se faire quelques volcans).

Une grande fierté de la ville (au point de lui avoir dédié un stade et un parc avec une piste d'athlétisme autour de laquelle s'entraînent les nombreux motivés à toute heure du jour et de la nuit) s'appelle Jefferson Pérez, multi-champion du monde et olympique de marche athlétique (les seules médailles olympiques équatoriennes, en 1996 et 2008)


Vivre à Cuenca


J'ai re-découvert une ville très dynamique, qui se transforme de jour en jour... La municipalité est en effet très active, et a aménagé plusieurs parcs avec des aires de jeux pour les enfants, des terrains de basket, des équipements pour faire de la gym et du fitness au grand air, mis à la disposition de tous; un planétarium projette des films pédagogiques d'une demi-heure, gratuitement, plusieurs fois par jour; le réseau de bus se perfectionne; la ville est de plus en plus propre; les vieux bâtiments coloniaux sont rénovés petit à petit...

Bien sûr, tout n'est pas encore tout rose: la vie y est un peu plus chère qu'ailleurs; de nombreux tags continuent à enlaidir les murs des maisons coloniales du centre-ville; beaucoup de magasins - pas seulement les banques - paient des vigiles pour se protéger; l'air est pollué (il faut à tout prix remplacer ces vieux bus bleus qui donne l'impression d'être projeté dans une mine de charbon du Nord-Pas-de-Calais du 19e siècle à chacun de leur passage); les rues, désertes après 19 heures, ont la réputation d'être peu sûres de nuit; et de nombreux jeunes qui se retrouvent aux parcs pour faire du sport courent en vieilles chaussures premier prix type Ben Simon (pour la petite histoire, cela avait bien fait rire Diana lorsque ce modèle de chaussure devint à la mode - le monde à l'envers: les ricachones qui copient les pauvres), ce qui me fait mal aux genoux rien qu'en les voyant...

Mais c'est une ville qui va de l'avant et qui donne envie de contribuer à son développement. Il semble qu'il y ait toujours quelque chose à fêter, le mondial et la Fête des Mères (encore pire que la Saint-Valentin chez nous!) ayant été les points forts de ce mois de Mai.


Parque de La Madre


Les pins du Parque Calderón, vus du sommet de la cathédrale


Un dimanche à Cuenca


Après une petite grasse-mat' (ben oui, la veille étant un samedi, nous avions investi les bars de la Calle Larga) et un bon petit-déjeuner bien complet (jus d'orange pressé, chocolat au lait, œufs brouillés, riz, pains de yucca), je me lance dans une session Skype* d'au moins 2 heures. Puis, le riz et les œufs brouillés digérés, je décide de courir une petite heure le long du Tomebamba (une des 4 rivières qui traversent Cuenca); les parcs sont bondés, toutes les installations sportives sont prises d'assaut par les gamins sous les regards amusés des parents; je remonte vers le restau où travaille Diana pour récupérer les clés de l'appart; un regard sur l'église San Blas, au loin dans le prolongement de la rue Simón Bolívar et je me félicite de rentrer: de gros nuages noirs avancent sur la ville à toute vitesse alors que les derniers rayons de soleil font encore scintiller la coupole; une petite douche (ouf! il y a de l'eau, et elle est chaude; sauvée jusqu'à demain ;) je zappe quelques novelas - tellement bien jouées qu'elles donnent envie de primer Dallas à Cannes - puis décide d'attendre Diana à la sortie de son boulot pour ensuite étrenner ensemble mon nouveau ballon de basket au Parque de la Madre. Le téléphone sonne; Paulina (la gérante du restau et amie de Diana) a un plan pour le soir: tester les eaux thermales de Baños, un village à 20 minutes en voiture. Nous en sortons propres et décontractées, mais avec une faim de loup... Un petit passage au chinois (les seuls ouverts à toute heure du jour et de la nuit, comme dans tous les pays du monde) pour un chaulafán (sorte de riz frit à tout ce qu'on veut) réconciliera tout le monde avant de rentrer se coucher.


*Skype: chez les Ruitton-Allinieux, le concept est un chouïa particulier et vaut peut-être quelques lignes d'explication. 
En général, je dois appeler tous les portables et lignes fixes de la famille avant de tomber sur quelqu'un - MC étant la seule valeur sûre qui décroche tout le temps - mais une fois en conversation, c'est un véritable branle-bas le combat qui se déclenche: tous les téléphones de tous les membres de la famille sonnent en même temps et nous réussissons à finalement tenir une conversation à 5 ou 6.
Exemple: J'appelle sur le portable d'Enguerran, auquel répond Maman car elle est assise à côté de lui dans la voiture; au bout de quelques minutes, Marie-Camille appelle sur le portable de Maman (comment a-t-elle su??? le mystère reste entier) et réclame notre attention; Maman la met sur haut-parleur; j'entends Papa crier qu'il me fait un bisou (il est en effet à côté de Marie-Camille car en formation à Lyon pour quelques jours); mais les interférences portables-ordis associées à ma connexion Internet peu performante m'obligent à raccrocher; je rappelle sur le portable d'Enguerran, ça ne marche plus; j'essaie celui de Marie-Camille, qui me prend en double-appel; Maman est donc mise sur la touche, mais elle n'a bien entendu pas dit son dernier mot; elle appelle donc sur le portable de Papa (que je vois à côté de Mimi - elle sait enfin faire marcher sa webcam - avec un magnifique micro de speakrine) et demande directement ce que je pensais de la cuisine Route de Vienne - oui, je viens d'ouvrir les photos; il la met sur haut-parleur afin de poursuivre la conversation, l'air de rien; tout le monde donne son avis sur Iseult en S, la rapidité d'action des assurances, et comment va Bernarde, le tout régulièrement ponctué de 'ENGUERRAN RALENTIS!!!!' - puisqu'ils sont sur l'Autoroute, pour ceux qui n'auraient pas suivi... vous suivez le concept ?



Entraînements à Cajas


Bien évidemment, j'avais aussi en tête de profiter de mon séjour ici pour faire un sommet, et après 8 semaines au niveau de la mer, il a bien fallu que je m'entraîne un poil...

Mon terrain de jeux a été le parc national Cajas, à une heure de Cuenca: situé entre 3.800 et 4.300 mètres d'altitude, il protège un páramo magnifique. Souvent baigné dans un léger brouillard, cet ensemble de lacs et de collines modelé par les anciens glaciers rappelle les highlands écossais... C'est un désert que devaient traverser les Incas pour rejoindre la côte.

J'y ai emmené Maikol un après-midi avec en tête de monter au Cerro San Luis (4.267 mètres), une courte grimpe d'à peine une heure mais qui donne un point de vue magnifique sur le parc; la journée s'est soldée par 5 heures de marche: après avoir perdu le sentier, nous avons finalement décidé de faire le tour de la montagne, à l'ancienne, en mode explo-machète-sans-la-machète, "comme si on devait chercher les vaches perdues de mon grand-père" disait Maikol.


5 minutes de marche, et déjà une chute à mon actif - le chemin est ultra-boueux; j'avais instinctivement mis la main pour me rattraper... dommage, il y avait cette plante pleine d'épines juste dessous !!

20 échardes plus tard...



Pour la petite anecdote, j'aurais mieux fait de traverser ce bras de lac les chaussures aux pieds puisqu'après les avoir faites tomber à l'eau, j'ai du les récupérer presque à la nage... Maikol était bidonné en prenant cette photo!)

Ces arbres ne vous rappellent rien ? Les polylepis, qui poussent aussi près du Chimborazo !



La 2ème tentative fut la bonne: sentier trouvé, sommet atteint.
Et hop, un nouveau 4.000 les doigts dans le nez !


Ayampe


Le dernier week-end, Diana et moi avons décidé de nous chouchouter : voiture louée, hôtel réservé, sortie du boulot avancée de 2 heures négociée... BIM! direction la côte, histoire de profiter du soleil et des vagues d'Ayampe, un tout petit village sur la côte de Manabí. 

La descente de Cajas vers la côte est impressionnante.

Il faut tout d'abord traverser une épaisse couche de brouillard, présente tout au long de l'année. Protége-t-elle les hauts plateaux des monos hardis en quête de fraîcheur ou la côte des serranos en manque de chaleur? Quoiqu'il en soit, ce brouillard semble être LA frontière physique costa / sierra qui fait passer le jus de coco de Puerto Inca ou la truite de Cajas pour une récompense bien méritée.

Mais aussi parce que perdre 4 km d'altitude en moins de 2 heures nous conduit du páramo aux bananeraies; l'air s'humidifie et prend 20 degrés d'un coup; la végétation devient luxuriante et les maisons évoluent: le bois est peu à peu préféré au pisé, les fenêtres se font plus grandes et plus nombreuses, des pilotis apparaissent...

Tout était parfait, nous chantions Maná à tue-tête, lorsque vers 19 heures, nous nous sommes heurtées à un nouvel obstacle: le manque de signalisation à Guayaquil. Nous y avons conduit de station-service en station-service pour demander notre chemin; un couple de médecins - des gens adorables qui nous ont hyper-bien renseignées - nous a même conseillé de passer la nuit sur place et de reprendre la route le lendemain (C'est très dangereux! La route est empruntée par d'énormes camions et vous avez une toute petite voiture de ville! Ils vont vous écraser! Et pour demander votre chemin, ici, la nuit, dans des endroits isolés, c'est très risqué! Oui. Certes. Mais Guayaquil c'est grand, moche, pollué et très peuplé. Ça me fait encore plus peur. Et je suis une guerrière moi: j'ai traversé la Bosnie en camping-car et j'ai gardé MC quand elle était bébé ET en 1ère année de médecine; bref, j'ai peur de rien. Et j'avais réservé l'hôtel. Et on avait peu de temps. On continue.) 

Et après 9 heures de route (pour moins de 400 km selon Google Maps) et une tentative échouée de raccourci par une piste défoncée où nous avons été contraintes de rebrousser chemin lorsqu'un fossé nous a barré la route (et fait perdre une heure), nous étions enfin allongées dans une belle chambre toute propre, à écouter les bruits nocturnes de la forêt et les vagues se casser sur la plage...


La température et les vagues étaient parfaites pour moi !! Surfer sans combi, c'est quand même vraiment agréable...

'Éducation pour tous'
Un des innombrables panneaux qui rappellent régulièrement les actions du gouvernement, le long de l'autoroute Salinas-Guayaquil.


Cayambe



Autre petite aventure digne d'être comptée: ma tentative d’ascension du Cayambe.

Le Cayambe (5.790 mètres) est le 3ème volcan d'Équateur, situé au nord de Quito. Beaucoup moins prisé que le Cotopaxi, son ascension est un peu plus aventureuse. Il faut en effet faire 25 km de piste très aérienne (qui me paraissait impraticable par endroit, mais à ma grande surprise, le 4x4 passait à chaque fois!) en à peu près 1h30 pour accéder au refuge, à 4.600 mètres. Et l'absence de 'sentier officiel', le glacier évoluant en permanence, oblige le guide à 'tracer' la meilleure route à chaque fois. 

J'ai à la fois joué de chance et de malchance.

Chance de par la vue dégagée la majeure partie du temps: voir les lumières d'Otavalo sous un ciel constellé de millions d'étoiles et ponctuellement zébré par les éclairs d'orages lointains dans les nuages en contre-bas est un spectacle magique. Chance aussi car j'avais une forme olympique; mon cocktail CC+ (Course à pied + Cajas) a semble-t-il très bien fonctionné.

Malheureusement, une très forte activité orageuse juste au dessus du sommet (pas de tempête de neige, de pluie, de vent, de grêle, rien de tout ça... tout était dégagé... juste des énormes éclairs suivis de roulements de tonnerre à terroriser Chuck Norris...) et une température bien trop clémente qui fragilisait la couche de neige nous ont obligés à redescendre alors que nous étions à environ 5.500 mètres d'altitude.

À retenter donc !

Une fesse dans chaque hémisphère :D (route Quito-Cayambe)

Pour info, le volcan Cayambe est situé sur l'équateur, ce qui fait d'un point de son flanc sud à environ 4.600 mètres d'altitude le lieu le plus haut et le seul endroit enneigé de la ligne équinoxiale.

Un léger souffle de vent et cette pierre terminera sa course dans la vallée...?

"Euh... Alors c'est pas dur: on monte tout droit en passant à droite de ce rocher là-bas..."

Elle est pas belle cette montagne?
Alors que le Coto, j'ai beau avoir mis les pieds dessus, je ne l'ai jamais vu !! ;)

Pourquoi mettre 2 heures pour rejoindre Otavalo ? Un peu d'élan et on y est !

***

Je suis maintenant de retour aux Philippines, et espère partager de nouvelles aventures dans les semaines à venir.

Joyeux Roland Garros et Bonne Coupe du Monde à tous !!

N'oubliez pas de suivre le France-Équateur pour moi le 25 juin! Dur-dur d'être embarquée sur cette période de l'année, je vais demander une augmentation de prime moi ;) Ceci dit, j'ai eu les JO; on ne peut pas non plus avoir le beurre, l'argent du beurre, et le crémier...


Vol Cuenca-Guayaquil de TAME en ATR 42... mon 2ème vol commercial à hélices :)
Merci Esther !!

25 juillet 2013

Descente du Chimborazo

Explorer de nouveaux horizons n'était pas le but de mes dernières vacances. Mais cela ne va pas pour autant vous épargner un post :P

Après quelques jours à Cuenca, à Vilca

Luis-Adrian, né en Décembre et donc que j'ai enfin pu voir pour la première fois !

Au Mandango

en passant par El Cisne, petit village de la province de Loja connu pour sa cathédrale,





... direction Riobamba pour quelques jours au pied du célèbre Chimborazo (6.310 mètres). Son altitude en fait le toit de l'Équateur, et associée à sa latitude, rend cette montagne encore plus spéciale : c'est le toit de la Terre le plus proche du soleil :)



Cela n'en fait pas pour autant l'endroit le plus chaud d'Équateur comme le montrent les photos. Diana avait un sous-pull et 3 sweats pour affronter le vent glacial... moi, j'ai toujours mon anorak de ski roulé au fond de mon sac... et il m'a bien servi ce jour-là !!


Le Chimborazo est un véritable mur de glace vu du refuge Whymper (5.000 mètres)

N'étant pas en forme olympique (j'ai arrêté de courir quotidiennement depuis mes dernières vacances, le rythme de travail à Gävle étant trop soutenu pour me laisser le temps - voire même souvent l'énergie - de gambader dans la campagne suédoise...), le sommet reste un futur défi. 

En revanche, la descente, du refuge des frères Carrel (les premiers occidentaux à avoir conquis la montagne avec Edward Whymper en 1880) à 4.800 mètres d'altitude aux premières maisons de Riobamba (environ 2.800 mètres) est désormais cochée dans ma liste À faire avant d'être vieille et/ou aveugle ;) !! 
(de même que faire de la bailothérapie, gratuitement, à 2.700 mètres d'altitude, après une pizza, au milieu d'un parc municipal, avec des équatoriennes super-entraînées... ça aussi c'est fait ! même si ça n'était pas sur ma liste... ^^)

Le soleil n'était pas au rendez-vous, mais le paysage traversé en fait probablement une de mes plus belles descentes jusqu'à présent ! Le páramo semble être un véritable désert, et pourtant si près de Riobamba !! Des petits airs d'altiplano en attendant de voir le vrai... ;)

Jugez-en par vous-même...


La route menant aux refuges longe un canyon, d'environ 80 mètres de profondeur...
... en tant que surveyor consciencieuse, je suis allée vérifier ;)

El Cartel de Los Incas

Casa Condor

Mes copaaaaiiiins !!!

Et mes chouchoutes les vigognes...
... je préférerais une vigogne plutôt qu'un Terre-Neuve, tu veux pas Zouzou ??

Qui dit volcan dit grosse activité géologique...
Cet affleurement ferait pâlir d'envie Mr Matringe !!

Les polylepis vivent à plus de 4000 mètres d'altitude, et malgré leur air rabougri, peuvent avoir plusieurs siècles... tout ça sans anorak ni couverture, balèzes ;)

Un visiteur chez Whymper !


Refuge des frères Carrel, point de départ de la descente.
Le monument est dédié à Simon Bolivar. Il serait monté jusqu'ici, et a même écrit un poème sur le volcan !

Une dernière photo...

... et c'est parti à pleine vitesse !! Les vigognes n'ont qu'à bien se tenir !! :D
Plaaaaaaaaace !!

Mon fidèle destrier <3