Je dois avouer que moi aussi, je me suis posé cette question pendant (très) longtemps.
OFFICIELLEMENT
Mon stage de fin d'études, en tant qu'assistante de langue française à l'Université Fédérale du Pernambouc.
J'ai essentiellement préparé des collégiens au DELF (une certification de langue française) et sensibilisé des étudiants à l'interculturalité et à la culture française. J'ai trouvé ça très enrichissant et ai pris plaisir à enseigner. Le rythme était (très) léger. J'allais à la fac en bus en écoutant mes podcasts. Je pense avoir été "sous-utilisée" et aurais aimé faire beaucoup plus. Mais après deux ans de cours à distance, la réadaptation (de l'institution comme du personnel et des élèves) a été compliquée. L'organisation fut très chaotique et le manque de communication criant. La fac me doit encore deux mois de salaire. Le bilan est donc mitigé.
OFFICIEUSEMENT
Une vrai année sabbatique avec Diana.
Nous avons (re)découvert un pays neutre (ni le sien, ni le mien) en y vivant quotidiennement pendant 10 mois, avec à la clé :
des retrouvailles (notre trio avec Lucy et Ana a été reconstitué et actif pendant 4 mois),
des nouvelles rencontres (avec en pole position la Team Beach Tennis et la Team Consulat),
En lisant un article ce matin, je suis tombée sur cette carte que j'ai beaucoup aimée. Comme je n'ai pas pris le temps de donner des nouvelles dernièrement, j'en profite :
K6 est bien rentrée à Pont,
et Diana de Salvador.
J'ai commencé la rédaction de mon mémoire FLE.
J'ai reçu ma bourse du mois de mai,
mais j'attends toujours celle du mois de juin et une régularité dans les paiements.
Diana devrait partir en Équateur dans deux semaines tandis qu'Enguerran et Laura devraient arriver trois jours plus tard (elle ne les aime pas trop),
Nos photos sont en vrac ICI, mais pas (encore) commentées.
J'ai passé la semaine dernière à São Paulo avec le gratin de la coopération éducative et culturelle franco-brésilienne.
Tous les assistants de français (nous sommes une bonne dizaine répartis dans tout le pays) ont été accueillis par le Consul de France à São Paulo, les attachés de coopération de chaque zone consulaire du Brésil, quelques profs des facs brésiliennes partenaires... dans les locaux de l'Agence Universitaire de la Francophonie à Ipiranga.
Bon. En vrai, tout ce beau monde ne s'est peut-être pas déplacé que pour nous, probablement plutôt pour lancer la fameuse Semaine de la Francophonie et FRANMOBE (le nouveau programme d'aide à la mobilité des étudiants brésiliens vers des pays francophones). Mais ça fait toujours plaisir d'être reçue avec des petits fours payés par nos impôts.
La promo 2022 des assistants (oui oui, il y a un garçon, cherchez un peu...) au Brésil
Et le grand cru : celles de la région Nordeste !
Nous étions logés dans un ancien couvent, près du parc de l'indépendance (où Dom Pedro I a fait un FUCK aux libéraux portugais en 1822...) Un petit écrin de verdure (habité par des araignées É-NORMES !!!) au milieu des 12 millions de Paulistes (plus de 20 millions si l'on considère la région métropolitaine).
Malheureusement, le musée d'Ipiranga était fermé. Il rouvrira tout beau tout neuf pour le bicentenaire de la proclamation d'indépendance du Brésil, le 7 septembre2022
J'ai aussi pris le métro (propre et à l'heure, comme en Europe ;) pour faire un tour au passionnant musée de la langue portugaise, hébergé dans la belle gare de la Luz. Saviez-vous que si le portugais brésilien est si différent de celui parlé en péninsule ibérique, c'est en particulier à cause de (je dirais même grâce à) l'influence considérable des langues yoruba (Afrique de l'Ouest), kikongo (Afrique Centrale) et tupinambá (la famille des langues qui étaient parlées sur une bonne partie du littoral atlantique brésilien) ?
J'ai aussi observé la ville depuis le Farol Santander, l'un des gratte-ciels les plus emblématiques de São Paulo, leur Empire State Building à eux, rien que ça !
J'ai également jeté un œil au célèbre Mémorial de l'Amérique Latine et à la maison du poète Mário de Andrade, mais comme il pleuvait (et que la maison n'est pas si grande), j'ai rapidement changé mes plans pour visiter le musée du foot dans le stade municipal Pacaembu (oui, il y a un site qui s'appelle sambafoot, je suis aussi surprise que vous...)
C'était très cool de voir tout ça, mais ça caillait un peu des fois, surtout la nuit (genre 19 degrés...)
Heureusement, dimanche soir, après 3 heures d'avion, j'ai pu remonter vers le nord me mettre au chaud et retrouver Diana dans notre nouveau "chez nous"...
Après deux semaines au Pernambouc (l'État fédéré brésilien dont Recife est la capitale - je précise, car Petit Bichon a un peu de mal...), où en sommes-nous ?
Rétrospective sur les premières étapes de notre installation (toujours en cours).
Drapeau du Pernambouc
1. Les cartes SIM (et les CPF)
À mes yeux, obtenir des cartes SIM était le plus important et le plus urgent, car ces dernières sont synonymes de liberté : sans téléphone et sans internet, pas de Uber.
Et sans Uber (le meilleur compromis pour se déplacer si l'on considère le prix, l'efficacité et la sécurité - d'une manière générale, sanitaire en particulier) au Brésil, très franchement, la vie se complique beaucoup.
Comment a fait Vasco de Gama pour voyager sans 4G, sans smartphone et sans GPS ?!?
Mais revenons à nos cartes SIM.
Les obtenir ne fut pas de tout repos et nous a occupées plusieurs heures.
Il faut bien entendu comparer les offres (le pays est tellement grand qu'il y a des offres "locales", c'est-à-dire propres à l'État, des offres "nationales", valables dans tout le pays, des abonnements avec la SIM gratuite, des options prépayées avec la SIM payante, etc.)
MAIS AUSSI avoir un graal appelé CPF (pour Cadastro de Pessoas Físicas) : un numéro d'identification un peu comme celui de la sécu mais (apparemment) plutôt lié à l'administration fiscale.
Heureusement, j'en avais fait la demande via le Consulat du Brésil avant de partir.
Sauf qu'apparemment, des fois il marche (pour moi et l'offre nationale de TIM, pour les vélibs Itaú...) et des fois non (pour Diana et l'offre locale de Oi par exemple).
On ne maîtrise pas encore tout-à-fait les tenants et les aboutissants de ce numéro à 11 chiffres que tous les Brésiliens connaissent par cœur. Dès qu'on en sait plus, on vous dit !
2. Comprendre les prix
Pour avoir une idée du marché local et de notre pouvoir d'achat, un peu d’observation, des échanges avec Juliana (notre hôte AirBnB), des visites d'exploration, des courses dans plusieurs marchés et supermarchés différents... et surtout beaucoup de restaurants (quelle plaie !)
Les petits citrons verts moins chers que les citrons jaunes siciliens, c'est le paradis pour Diana !
Au risque de m'engager sur un terrain glissant, voici une analyse préliminaire (que je corrigerai si jamais je me suis complètement fourvoyée...)
La monnaie locale est le réal (R$). Rien de tendancieux pour l'instant.
Contrairement à ce que je pensais, ma bourse (2.500 R$, soit plus de deux fois le salaire minimum, revalorisé en début d'année à 1.212 R$) n'est pas si élevée.
En fait, la hausse des prix est terrible ici aussi : 6 R$ le litre d'essence ou 15-20 R$ minimum pour un plat du jour dans un petit restau très simple, lorsque l'on gagne le minimum légal de 5 R$ de l'heure, c'est énorme.
Le salaire minimum brésilien ressemble donc plus au RSA qu'au SMIC.
Du coup, beaucoup de monde cumule 2 voire 3 emplois pour s'en sortir. Notre champion jusqu'à présent est le chauffeur Uber qui nous a récupérées à l'aéroport : avocat du droit des familles et prof de sport le jour, chauffeur la nuit... mais alors quand dort-il ?!?
Ce qui signifie que les Brésiliens qui vivent "à l'occidentale" (j'entends "comme vous, comme moi, comme le Bon Dieu" : un appart climatisé, une bonne connexion internet, un smartphone, Netflix, quelques sorties bar/restau/ciné dans le mois et la possibilité de partir en vacances au moins une fois par an) devraient gagner au moins 6.000 R$ selon ma pote Lucy (une anglaise qui vit à Recife depuis 5 ans).
Selon l'Institut Brésilien de Géographie et de Statistiques (IBGE), pour faire partie des 5 % les plus riches, il faut gagner plus de 10.000 R$ par mois, soit plus de 8 salaires minimums ou environ 1.800 € à l'heure actuelle.
Le club des 1 % acceptera votre présence si vous gagnez presque 30.000 R$ mensuellement, soit plus de 5.000 €.
À l'inverse, 90 % des Brésiliens gagnent moins de 3.500 R$ (moins de 3 salaires minimaux).
Aucun rapport, mais pour info :
N'oublions pas que selon certains classements, le Brésil est dans le top 10 des coefficients de Gini, avec un indice à plus de 0.5
RAPPEL :
0 = égalité parfaite entre tous
1 = inégalité totale (une personne a tout, les autres n'ont rien)
La France est à 0.3
Cette pyramide résume la situation au Brésil en 2013 (étonnamment, il est difficile de trouver des graphiques pertinents récents, mais je vais poursuivre mon enquête) :
3. Trouver un appartement
Car sans adresse, pas de compte en banque, et donc pas de bourse.
Notre défi : Carnaval, qui, bien qu'officiellement annulé, a relâché l'ambiance. Ni les particuliers, ni les agences ne se sont bousculés au portillon pour les visites. Et c'est finalement grâce à Lucy que nous avons trouvé notre nouveau nid.
Nos critères étaient les suivants :
- la taille : un T2 (pour pouvoir vous accueillir si jamais Poupou s'attaque aux Alpes)
- la localisation : près de la plage (et donc de la brise, vitale pour Diana) ; où je peux courir dehors en sécurité (les gymnases, c'est bien sur les bateaux, mais sur la terre ferme, rien ne vaut un bon GR - ou un trottoir qui pue, ça dépend de là où vous êtes...) ; et avec des commerces et des arrêts de bus pas trop loin
- meublé.
Ça donne ça :
Le salon (avec clic-clac, donc 2 couchages en plus ;)
Le balcon, d'où on peut voir la mer (si si, c'est vrai, regardez bien...)
La cuisine/buanderie
Le bureau / chambre d'amis...
...et sa salle-de-bains (indépendante)
La chambre, avec vue sur le Parque dos Manguezais (et la communauté Ilha do Destino, qui met l'ambiance toute la nuit)
La salle-de-bains, avec eau chaude s'il vous plaît !
Et dans les parties communes, sur le toit, il y a une petite piscine et de quoi faire un barbecue. Alors, vous venez quand ?
4. Le compte en banque
Ça y est, nous avons une adresse, la prochaine étape est donc : recevoir les soussous (et payer...) !
On ne va pas se mentir, Bourso, c'est cool. Sur les recommandations de Juliana et Lucy, nous avons opté pour Banco do Brasil (les plus présents sur tout le territoire et les plus efficaces selon elles) et malgré tout, ouvrir un compte en banque chez eux nous a pris l'aprèm.
Déjà, les bureaux sont ouverts de 10h à 16h, la fenêtre est donc assez réduite (surtout pour ceux qui travaillent à ces heures-là). Ensuite, les employés prennent de (longues) pauses. Enfin, sur les 10 guichets dispos, seuls 2 fonctionnent.
C'est au bout de 45 minutes d'attente qu'un agent s'est enfin occupé de nous.
Il a vérifié tous mes documents (passeport, visa, lettre de mission, contrat de bail et CPF) plusieurs fois chacun très lentement et a ouvertement rigolé lorsque je lui ai demandé si le compte pouvait être joint ("Non, trop compliqué, on va commencer par un compte pour vous, et après on verra...")
Mais il avait raison : au bout de deux heures, on relativise. Comparer les offres devient un luxe (que nous ne nous sommes pas payé) et le compte-joint passe de nécessaire à superflu.
On devrait recevoir la carte bancaire BB dans 2 semaines. Affaire à suivre.
5. L'abonnement au Monde Diplomatique Brasil
Maintenant que nous sommes plus ou moins installées, que l'appart est nettoyé et que Diana a son matos de pâtisserie, place aux nouvelles habitudes.
Et pour ne pas perdre la main et comprendre un peu ce qu'il se passe en Ukraine tout en travaillant mon portugais, je viens de m'abonner à la version brésilienne du Monde Diplomatique. Aucune idée de quand je recevrai mon premier mensuel. À suivre aussi !
Les prochaines étapes
- l'enregistrement à la Police Fédérale (obligatoire pour les visas temporaires, leur site marche une fois sur deux, il n'y a aucune plage horaire disponible pour le moment, ça va encore être simple cette histoire...)
- souscrire à la compagnie d'électricité (impossible de faire ça en ligne ou par téléphone, il faudra donc passer à leur bureau, sûrement tenu par un cousin du banquier) ; en attendant, nous sommes fournies via le contrat du propriétaire ;
- trouver un club de beach-volley (ou de foot ou de capoeira...)
J'en profite pour souligner que j'avais oublié que faire tout ça dans une langue étrangère (à commencer par les cartes SIM) n'est pas si évident. Pourtant, nous avons choisi et préparé ce voyage, j'ai des bases de portugais, l'intercompréhension est possible et le choc culturel reste limité.
J'ai alors essayé d'imaginer ce que vivent les déplacés dans un pays dont la langue est éloignée et inconnue et la culture particulièrement différente. C'est un effort d'adaptation incroyable. Après, j'dis ça, j'dis rien...
Et mon boulot dans tout ça ?!?
Aaaaah ouiiiii, la faaaaaac, c'est vrai !! Et c'est même pour ça qu'on est venues d'ailleurs !! J'avais presque oublié tellement je suis occupée...
J'attends encore quelques semaines pour que les choses se mettent en place, puis je vous raconterai tout ça. D'acc ?
Je profite de quatre heures d'escale à Lisbonne pour faire part des dernières nouvelles en vrac.
Mes cours ("en présentiel" depuis septembre 2021 !) à Jacob sont (déjà) finis (ACAH validé, résultats des examens de FLE le mois prochain).
Place au(x) stage(s) et au(x) mémoire(s) désormais !
En intro, voici une petite vidéo des campus de l'Université Savoie Mont Blanc (USMB). Elle a pour but d'illustrer le fait qu'étudier à Chambé le temps d'une pandémie fut un bon plan...
Ce dernier semestre, malgré un contexte Covid & Variants toujours bien présent, a vu ma vie sociale reprendre à la vitesse d'Enguerran mangeant une assiette de pâtes : des sorties aux bars du Carré Curial et des vins chauds au marché de Noël (avec la bande des Kakeux presqu'au complet - des potes de prépa, que je n'avais pas vus depuis 2008 pour certains !) ont égayé un automne et un début d'hiver plutôt studieux.
Diana a profité de ses vacances annuelles pour aller voir sa famille, et je me suis mise au défi de ne pas manger de pâtes pendant ses trois semaines d'absence. Ça a marché : un soir, j'ai même fait une soupe aux noisettes !
Mon dernier chef-d’œuvre culinaire
Une partie des Poma Diaz, Vilcabamba, octobre 2021
Ma nièce, la belle Anna, m'a fait l'honneur de naître en octobre elle-aussi. Même la Mégane n'en revenait pas, elle nous l'a dit à un feu rouge au cœur de Lyon.
Et hop, une 20e nièce pour Diana ! (calcul approximatif)
J'ai aussi profité de mes trois semaines de célibat et de l'interruption pédagogique (jargon de profs de fac pour vacances) de la Toussaint pour une visite aux Pays-Bas. J'ai reçu la confirmation de mon poste de lectrice à la fac de Recife alors que j'attendais Chris et Omar à la gare centrale de Rotterdam. Autant vous dire que la tournée des bars a été joyeuse ce soir-là.
C'est pour cela que ces derniers mois ont surtout été dédiés à une préparation (administrative) poussée pour notre départ au Pays de la Samba.
Notre mission (on l'a acceptée) : obtenir deux visas en deux mois.
Les obstacles : Omicron, les apostilles et les vacances de Noël (très respectées des ambassades).
Notre atout : un dossier de naturalisation bien ficelé qui a fait de nous des bêtes d'administration et des archivistes hors-pairs (Diana a réuni tous ses documents avant moi !)
Cette petite aventure nous a menées jusqu'au Consulat Général du Brésil à Paris, l'occasion d'une bonne balade pour faire la tournée des popotes. Marie-Norah-Sabri, Cédric-Mikael-Ahmed, Natalia-Abou-et-les-copines-chinoises-de-Natalia-et-Diana, Laurence, on vous embrasse !
Nous en avons profité pour aller voir Sebastian Marx au théâtre Le Métropole et nous sommes rentrées par le Paris-Milan de Trenitalia. On recommande tout (Sebastian Marx, le verre de vin pendant le spectacle et même le train) chaudement !
Prêtes à déposer nos passeports au consulat !
Arc de Triomphe, janvier 2022.
En attendant de vous raconter comment se passe notre installation à Recife et mon nouveau boulot, on vous embrasse bien fort !
Étonnamment, ce blog n'a pas fait preuve d'une grande prolixité ces derniers mois. Il faut dire que les voyages exotiques n'ont guère le vent en poupe (sauf chez les Berguet) et que, malgré les apparences, la vie d'étudiante prend du temps et de l'énergie.
Je profite d'un petit vol plané à vélo (qui m'oblige à rester tranquille quelques jours à la maison) pour mettre de l'ordre dans mes photos et faire part des dernières news de la Rue de Roche.
Car il s'est passé un tas de choses décapantes depuis mon retour des Maldives ! À commencer par des vacances (je n'ai pas tant changé que ça finalement) en Champagne et une rentrée universitaire (ras-le-bol des tests PCR, je vais donc me poser à Chambé un an ou deux le temps que ça passe, et tant qu'à faire, autant rentabiliser l'expérience en tentant deux masters : je ne savais pas lequel choisir, ça stimule l'intellect et peut toujours servir...)
[bien sûr, les raisons étaient beaucoup plus nombreuses et un chouïa plus profondes, mais pour la faire courte, c'était un peu ça...]
Sans grande surprise après un été débridé, j'ai profité du campus de Jacob quelques semaines puis l'ai très vite remplacé par mon salon. Rien de mieux qu'un PC de 10 ans (RIP Tante Edwige) et notre tabouret de cuisine pour suivre des journées de parfois 11 heures de cours à distance (le 8h-20h du mercredi m'a particulièrement marquée, et ma coloc' aussi...)
Diana ayant été au chômage partiel pendant plus de sept mois, nous avons choisi de faire un détour par la Bretagne (au nom des grands espaces et de l'isolation phonique, chimères des étudiants isolés et des salariés désœuvrés) et même Oyonnax (pour un mariage polono-ivoirien), c'est vous dire à quel point Diana affine ses connaissances géographiques en vue d'une potentielle naturalisation !
Une fois mes dossiers rendus et partiels achevés, j'ai commencé mon stage début mai, tout en profitant des ponts avec Diana, toujours dispo (merci Manu).
Mon stage était à l'étranger bien entendu, mais vous serez sûrement autant étonnés que moi : pas besoin de passeport ni de visa pour donner des cours dans les Hauts de Chambéry !
Voici donc quelques potins et des photos sur cette année scolaire 2020/2021 un peu particulière.
1. Champagne !
Après plus de 11 semaines de mission l'été dernier, quelques jours en (et verres de) Champagne avec Diana et Milou (ma pote avocate chez Boskalis) m'ont remise sur pieds.
Le 21 septembre 2020, c'était ma rentrée, mais tant qu'à reprendre des études, autant le faire comme il faut : en séchant dès le début.
Car ce jour-là, le système éducatif français se soulagea d'un enfant Ruitton-Allinieu. Dommage, Mimi sortit par la grande porte avec des félicitations tandis que je rentrai par la fenêtre, le couteau entre les dents.
11 ans pour conclure ce qui avait commencé en coloc' à Brest sous un coaching efficace :
" Tu as un an pour réussir parce que l'année prochaine, je pars à Helsinki (et tu devras vivre toute seule ici sous la pluie et sans amis). "
Brest, avril 2010. Mimi révise pour sa P1.
À vos souhaits !
Mimi féministe !
♥ Entre nanas ♥
3. Ma rentrée des classes
Diana-la-Chouchoute obéit à Maman : impossible d'échapper à la traditionnelle photo de rentrée !
Top les cours à Jacob : on voit du monde, c'est à 15 minutes à pied, les salles ont vue sur le lac...
Dommage, ça n'a duré qu'un mois :
Malgré tout, j'ai adoré cette expérience. Certes, les journées complètes en distanciel peuvent être violentes, mais la différence entre choisir ou subir un cours est phénoménale.
Des théories linguistiques ou d'apprentissage des langues aux enjeux du Brexit, de la politique latino-américaine des 30 dernières années à la décolonisation de l'Inde, en passant par la construction et le fonctionnement de l'Union Européenne ou de l'Organisation Internationale de la Francophonie... L'approfondissement de ces thèmes, dont beaucoup sont nouveaux pour moi, m'a clairement passionnée.
Bien sûr, mes poteaux ingés qui sauvent le monde avec des solutions techniques (il en faut, continuez les gars, ne lâchez rien!) me diront : à quoi ça sert ? Tu pouvais aussi prendre un livre et apprendre ça toute seule. Certes. Seulement, moi, je suis paresseuse, et j'aime bien qu'on m'explique :
En gros, ça me servira surtout à faire la maline aux prochains repas de famille... mais en plus, je me sens mieux et épanouie. Ça compte aussi ça, non ?
4. Diana et le TCF
Diana
aussi était studieuse : après avoir développé ses talents pour les
plats chauds tout l'automne, elle a suivi pendant quelques jours un stage en
pâtisserie à la Chambre de Métiers et de l'Artisanat à Technolac.
Depuis, les fourneaux ont surchauffé au point que Maman a dû congeler
des gâteaux ! Une première dans l'histoire familiale.
Mais ce qui occupa surtout notre inca savoyarde préférée, ce sont des exercices d'entraînement en ligne pour préparer le fameux Test de Connaissance du Français, Graal des candidats à la résidence et à la naturalisation.
Niveaux validés en avril 2021 au delà de ses espérances !!!
5. Début de l'hiver à Chambé
Nous avons pu égayer l'hiver en profitant d'une nuit offerte dans un petit hôtel sympa de la Presqu'île de Lyon (merci Avianca) pour jeter un œil au Grand Hôtel Dieu rénové et fêter la nouvelle année. Bien sûr, les conditions restaient contraignantes : retour à la chambre imposé à 20 heures, impossibilité de s’asseoir nulle part pour un petit-déj... Mais changer d'air, même pour une seule nuit, valait la sortie.
La Croix du Nivolet, le 5 décembre 2020.
Un week-end prolongé aux Deux Alpes, avec au programme un peu de ski de rando et beaucoup de CV à envoyer, m'a aussi fait le plus grand bien.
Pas top la peau qui se détache au bout d'une heure de grimpe. Les loueurs ont été pris de court face à la demande cette année. Je n'ai donc pas fait la fine bouche devant la dernière paire disponible de la station.
6. Les cours en Zoom depuis Penmarc'h
Mais notre hiver a surtout été breton.
Car il faut admettre que le distanciel a quelques avantages : la machine à
café à portée de main, faire pipi quand on en a envie, rester en pyj
et grosses chaussettes toute la journée, se faire nourrir par
Diana... voire même délocaliser les activités aux Deux Alpes ou à
Penmarc'h (en respectant le couvre-feu bien entendu : moins de
11 heures pour Chambé / Saint Gué avec une vieille Seat pleine à craquer : qui dit mieux ?)
Les avantages étaient nombreux : plusieurs pièces, petit jardin, pas de masque à l'extérieur... mais aussi (et surtout) : voir régulièrement les Quenet, manger du poisson frais, prendre l'apéro avec Mme Lelay, se balader sur la plage avec Coco et David, faire du surf dans de l'eau à 9 degrés de temps en temps...
Diana a apprécié écouter sa musique quand bon lui semblait, faire du feu, se balader sans masque, jardiner et bricoler dans la crèche, découvrir Quimper... Elle s'est surtout mis le quartier dans la poche en partageant tous ses gâteaux. Il faut dire que le four tourne souvent lorsqu'un chef est désœuvré.
La cérémonie eut lieu en mars 2021 dans la fameuse Plastics Vallée, par un temps magnifique. Une belle journée en petit comité et aux saveurs très ivoiriennes !
La pauvre élue, qui célébrait son premier mariage ("pour moi aussi c'est le premier" avait répondu Natalia, un poil stressée) et a dû, en sus, prononcer les noms complets et les lieux de naissance des mariés et des témoins, se rappellera sûrement de cette célébration toute sa vie.
Diana était témoin !
Mariage Covid = Mariage Masqué, mais mariage quand même !
8. Escapades
Lorsque les mesures sanitaires se sont un peu allégées, les virées ont pu reprendre : j'ai profité d'une journée à Dunkerque pour ne pas perdre une certification nécessaire au travail en mer (et garder sous le coude un boulot d'été, sait-on jamais) pour visiter le tout nouvel appart' de Petit Bichon à Coye-la-Forêt et marcher sur les quais de Seine avec MoH (seule option lorsqu'il ne pleut pas - trop - et que les bars, les restaus, les musées... sont fermés).
Les ponts du mois de mai ont été particulièrement appréciés pour revoir les cousins dans les Hautes-Alpes et des amis au Grand-Bornand (c'est fou comme ne plus bouger tout le temps favorise les retrouvailles).
La réouverture des terrasses à Chambé eut les mêmes effets qu'une annonce "open-bar" dans une soirée d'inté d'ingés : même ceux qui ne boivent jamais y sont allés.
Enfin, j'ai pu retrouver des potes de promo et reprendre ma vraie vie d'étudiante : petites bières en happy hour, payées par quelques cours particuliers, en potinant sur les profs et les partiels avec, en fond, les matchs de l'Euro... what else ?
Pour la première fois, Diana et moi avons célébré la fête de la musique, ensemble et à Chambéry. L'ambiance était extra et l'équipe improbable : potes de fac (filières FLE et LEA confondues), colocs et ex-collègues, on a pris tout le monde pour une tournée des bars entre les scènes de la ville...
Le lendemain, j'ai renoué avec les salles de ciné en allant voir Montagne en Scène avec Jade et Rémi. J'ai appris qu'il est possible de skier dans des pentes rocheuses à 55 degrés et de dormir en pleine paroi dans des portaledges. De nouvelles perspectives qui plairaient à Maman.
Chamois du Grand-Bornand, mai 2021.
Dédicace à Patouchou : le Grand-Bornand est jumelé avec Quiberon
(et ils l'ont symbolisé avec une coiffe bigoudène, ça craint...)
Chèvres en vue !
Chalet traditionnel paré pour les avalanches
Réouverture des terrasses : la team FLE en piste au Café du Théâtre !
Les cascades du Cirque de Saint Même restent la réf'
pour un dimanche tranquille entre amis et sans pression.
Vous aurez reconnu les jeunes mariés !
9. La famille s'agrandit !
Belle annonce printanière (et complètement inattendue pour certains ^^) lorsque nous fêtions les annis de Mimi et Alexis : Crapounette (ça changera peut-être, ils ne sont pas encore bien sûrs du nom) viendra agrandir la famille en novembre.
Chambéry, le 8 mai 2021.
Maminette semble très heureuse à l'idée de devenir arrière-grand-mère.
10. FLE, LEA, ACAH... quésaco ?
Petite mise au point pratique pour les courageux qui auront lu jusqu'ici.
Les masters sont des diplômes d'État que l'on prépare en deux ans. Ils valident 5 ans d'études supérieures et sont ouverts aux personnes titulaires d'une licence (Bac+3).
Mimi n'a pas 2.2 masters mais un doctorat.
FLE veut dire Français Langue Étrangère, donc un master FLE permet de devenir prof de langue française. Cet enseignement de relève pas de l'Éducation Nationale. Donc rien à voir avec les lettres modernes et le CAPES de français que Zouzou est en train de passer.
LEA signifie Langues Étrangères Appliquées. C'est une branche de la fac qui vise la maîtrise de deux langues étrangères en contexte professionnel. Après une licence LEA, on peut poursuivre ses études dans un parcours de spécialisation. L'Université Savoie Mont Blanc propose, entre autres, le parcours ACAH pour Analyse de Crises et Action Humanitaire : en plus de cours de langue et civilisation (j'ai pris anglais et espagnol), on acquiert quelques bases en économie, relations internationales, méthodologies d'analyse de conflits, gestion de projet, etc. dans le contexte particulier de la solidarité internationale.
Le master FLE exige un stage de 100 heures en fin de première année. J'en ai profité pour découvrir les ateliers sociolinguistiques proposés par deux associations chambériennes (BLÉ et La CSF). J'y suis allée en vélo quatre jours par semaine pendant les mois de mai et juin, et renouer avec un emploi du temps et du contact humain m'a fait le plus grand bien.
Mémoire rendu la semaine dernière. Résultats mi-juillet. Les vacances peuvent donc enfin commencer !
N'oubliez pas que L'Arbre à Bières a ré-ouvert, qu'ils prennent les élefs, et qu'on trouve difficilement mieux pour une session potins et mises à jour après cette année si particulière.
En attendant, bon été à tous, profitez bien et vaccinez-vous !