01 mars 2020

Bornéo

Résumé de mes premières vacances de l'année 2020 !

Après mon excellente (et exténuante) semaine VTT en Pays Cathare en septembre dernier, place à des vacances plus relax.

Mes objectifs étaient simples: un peu de rando, en connaître plus sur les orangs-outans (comme par exemple, que les bébés mâles doivent vivre 10 ans avec leur maman avant d'être indépendants, alors qu'il ne faut que 6 ou 7 ans aux filles pour quitter le nid... voilà, je pose ça là pour donner le ton...) et la forêt bornéenne (situation toujours dramatique, mais il y a de l'espoir), et renouer avec la vadrouille pas chère en solitaire (bingo, j'adore toujours ça, quelle surprise!)


Ingrédients essentiels pour une escapade à Bornéo
- un chantier à Singapour
- un livre offert par Diana à Noël
- un vol direct AirAsia à 80 euros A/R
 
 
Tiens ! Qu'y a-t-il autour de Singapour ?

Voyons voir ça...



Le tout saupoudré d'un peu de temps libre, mijoté sous une bonne étoile et servi avec la bénédiction de Diana !



Le Mont Kinabalu


Après une rotation courte (moins de 6 semaines) mais intense, cap sur le Mont Kinabalu, un gros (4000 mètres tout de même) tas de granite qui domine la jungle (pardon, les palmeraies...) de Bornéo.

Son ascension est très réglementée (il est impératif d'obtenir un permis, de marcher avec un guide officiel, de dormir en refuge, etc.) pour des raisons environnementales et de sécurité, ce qui n'est pas si mal (mais oblige à prévoir plusieurs semaines à l'avance).

Le sentier est raide (ce qui permet de prendre rapidement de la hauteur) et magnifique. Tout commence dans un brouillard permanent et une forêt équatoriale humide (où poussent des plantes carnivores), genre la forêt de nuage costaricienne, et finit sur un dôme de granite inhospitalier battu par les vents, genre le Half Dome du Yosemite.

Depuis quelques années, on y propose même une via ferrata, la plus haute du monde vantent les brochures commerciales:


Si vous y allez pour les sensations fortes et l'altitude, en mode aventurier-de-l'extrême-j'me-chauffe-pour-le-K2, vous serez déçus. C'est pourtant l'image vendue, à tort je trouve. Faire Chamechaude avec Dodo un lendemain de cuite est bien plus difficile.

Mais si vous abordez cette rando plus humblement, dans le simple but de découvrir une nouvelle montagne, un paysage surprenant, un endroit sacré, tout en faisant la causette avec votre guide, vous serez enthousiasmés et espérerez que cette parenthèse de 24 heures dure un peu plus...




Les orangs-outans de Sepilok


Une fois redescendue (à regret) du Mont Kinabalu, il me restait plus d'une semaine pour profiter de la mystique île de Bornéo, connue pour sa forêt équatoriale, ses orangs-outans, ses plages et ses tribus de coupeurs de têtes.

Mon premier arrêt a donc été à Sepilok, où un centre de réhabilitation pour orangs-outans orphelins a été construit il y a plus de 50 ans. Les jeunes orangs-outans y apprennent à devenir autonomes avant d'être relâchés dans la nature, lorsqu'une parcelle de forêt est disponible (ce sont des animaux solitaires et territoriaux, pas de coloc' possible).

Une initiative nécessaire et à soutenir !

Envoyer les jeunes orangs-outans s'entraîner à la nurserie ressemble étonnamment à lâcher une famille nombreuse aux jeux pour enfants d'une aire d'autoroute après 7 heures de voiture. C'est divertissant, surtout quand on n'a pas à nettoyer derrière...






La rivière Kinabatangan


Un MUST selon le Lonely Planet, les hôteliers (qui souvent n'y sont jamais allés) et ceux qui n'ont jamais séjourné dans la réserve de Mamirauá.

Car c'est une rivière bordée par une forêt dans laquelle vit la plupart des espèces de singes de Bornéo.

Ce que l'histoire ne raconte pas (ou du moins pas dans les gros titres, plutôt en petit en bas à droite), c'est que la forêt est secondaire et que les animaux présents ont tout simplement fui les palmeraies (situées quelques centaines de mètres derrière) et n'ont nulle part ailleurs où aller.

Cependant, je pense qu'il faut y jeter un œil, pour soutenir l'économie locale et montrer aux habitants qu'il leur est possible de vivre de l'éco-tourisme et laisser tomber l'huile de palme. La population locale a commencé à replanter cette forêt (ancienne plantation de caoutchouc) il y a plus de 30 ans, et cela marche. Les animaux reviennent (pas uniquement pour cette raison, mais tout de même), la végétation est diversifiée (mais beaucoup moins dense que la forêt primaire bien entendu) et l'endroit reste magnifique.

Lors d'une sortie de nuit, j'ai vu une toile d'araignée à la structure parfaite, plus grande que moi, et @Alexis, oui, l'araignée était aussi là, et a bouffé sans pitié sous nos yeux une malheureuse mouche qui venait de s'écraser dans sa toile...




Mais il y avait aussi de jolis oiseaux, des bébés crocodiles, des varans, des serpents, des macaques, des nasiques, des scorpions, des calaos... et même un orang-outan qui faisait son nid pour la nuit !!

Mon séjour au bord de cette rivière a donc été pour moi porteur d'espoir: le personnel est local et conscient des conséquences néfastes des palmeraies voisines, et la forêt se régénère.

Cependant, les explications fournies restent succinctes et les bateaux à moteurs mériteraient d'être remplacés par une solution moins bruyante et sans gaz d'échappement.


Martin-pêcheur pourpré

 

Vallée de Danum


Un endroit magique avec des airs de monde perdu.

Lorsqu'on imagine qu'avant, Bornéo était recouverte de forêt primaire comme à Danum, et que maintenant, seuls quelques parcs protègent cette forêt mille fois millénaire de la déforestation, on ne déprime même plus, on espère simplement faire un coma d'une overdose de Prozac et ne jamais se réveiller pour voir la projection de 2050...


Source

Quelques jours à Danum organisés par une bonne agence se réservent plusieurs semaines à l'avance et vous coûtera au moins 700 euros. J'ai donc mis ma bonne étoile à rude épreuve en prenant le premier bus pour Lahad Datu pour rendre visite au bureau du parc et négocier une petite place à l'improviste.

Trois heures plus tard, je me retrouvai dans un van, avec 4 ornithologues américains et un couple bulgaro-hollandais, sur la route forestière qui mène au centre de recherche de la vallée du Danum. Le deal en passant par le parc directement, c'est un logement basique, 3 navettes par semaine, et des employés du parc qui s'occupent de nous (au lieu de guides naturalistes). En effet, ce centre est avant tout réservé à la recherche, et non au tourisme. Donc les explications sont moins détaillées, on se lave à l'eau froide, on mange du riz blanc... pour une facture totale de 150 euros !

Si vous suivez la frise chrono, je suis donc passée de la forêt replantée de Kinabatangan à la forêt primaire de Danum sans transition aucune. Pas même une nuit tampon à Lahad Datu. Cette chance de cocue prouesse logistique offre un cours de bio et de géo grandeur nature. Difficile d'être plus explicite lorsqu'il s'agit de comprendre les différentes traces laissées par l'Homme sur un territoire: entre un "juste mis les pieds" ou "exploité jusqu'au dernier souffle", il y a "maîtrisé", "urbanisé", "exploité durablement", "protégé"...

Malheureusement, je n'ai pas eu la chance d'y voir les fameux éléphants pygmées de Bornéo (juste leurs cadeaux laissés sur la route ^^) et il a beaucoup plu (ouf! je ne suis peut-être pas cocue alors).

Mais quel privilège de voir une maman orang-outan et son fiston de 4 ans dans leur environnement naturel !! Outre une super rando (humide et pleine de sangsues*) à travers la forêt, nous avons même pu voir des civettes chasser, un écureuil-volant voler et un podarge endormi (très durs à repérer il paraît ces mini-hiboux !) lors d'un "safari de nuit" !


 


*Culture G
 
Sangsue: animal que je plaçais, avec les moustiques, sur ma fameuse liste des Animaux Inutiles À Éradiquer Dès Que l'Occasion Se Présente (je ne vous dirai pas ce que j'ai classé d'autre sur cette liste)

ERRATUM: En fait, en se collant à tout ce qui bouge, les sangsues dispersent les graines et participent ainsi activement à la dynamique des écosystèmes de la forêt.
 
Au point qu'après 3 ans à tuer les sangsues au spray d'eau salée, le manque de renouvellement des espèces végétales autour du Borneo Rain Forest Lodge (la partie du parc dédiée au tourisme) s'est cruellement fait ressentir.
 
Les scientifiques ont alors dit aux riches touristes avides d'expériences extrêmes, mais avec douche chaude, draps en soie et bouteille de Saint-Émilion le soir (non non, je ne juge pas) : les sangsues sont vos amies, enlevez-les sans leur faire mal...





Train Beaufort - Pangi 

 

Pour mon dernier jour, j'ai décidé de goûter au TER local avec à la clé un peu de rafting sur la rivière Padas. Une journée incroyable que je recommande chaudement !

Ce vieux train dessert deux fois par jour des petits villages coupés préservés du monde (ils ne sont raccordés ni au réseau routier, ni au réseau électrique, ni à la 4G...)

Ses arrêts fréquents permettent d'assister à la vie quotidienne rurale d'un Bornéo plus authentique. Ici, une maman qui accompagne ses enfants à l'école. Là, une vieille dame allant faire ses courses au village d'à côté. Plus loin, un chien endormi devant une maison sur pilotis. Derrière, des enfants jouant au foot dans la cour de l'école. Régulièrement, une église marque un véritable centre-ville (au moins 5 maisons au même endroit).

Les gens vivent sans stress, de pêche et d'agriculture vivrière. Ils ont arrêté de couper des têtes il y a quelques années.




Conclusion

Objectifs atteints, avec en plus une meilleure compréhension de l'attrait qu'ont nombre de voyageurs pour l'Asie du Sud-Est : un endroit très peu cher, sûr, dépaysant et où beaucoup parlent anglais. Ajoutez-y un peu de coronavirus et vous profiterez de tous ces avantages tranquilous sans les Chinois. On peut difficilement rêver mieux...

Mais assez parlé, PLACE AUX PHOTOS !
Il s'agit de mon premier album sans appareil, car je n'avais que mon téléphone... soyez indulgents et admiratifs s'il vous plaît, je n'ai jamais été aussi high-tech !


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